[...] que j'ai pu clairement percevoir le mécanisme de ma constante oscillation, entre dégôut et nostalgie: se détester soi-même jusqu'à vouloir presque mourir [...] , aimer ce qu'on a pas ( même si c'est pire que ce qu'on a), vouloir toujours être ailleurs, s'attacher aux choses et aux gens dans ce qu'ils ont de plus particulier, étranger, déroutant et s'en détacher tout à coup parce-qu'on méprise cet attachement qui se réduit, en fin de compte, à rien de plus qu'un certain gout du pittoresque, un attrait d'orchidée-dilettante envers ce qui est exotique [...] _ et tout celà pour se masquer qu'on a peur de la vie, seule constatation qu'on essaye jusqu'au bout d'éluder, à cause de ce qu'elle a de cru et de peu exaltant .